28 juin 2009
I wish that you were more intelligent, so you could see that what you do is so shitty
Les amis, j'arrête de bloguer pendant les quelques jours qui viennent (parce que là tout de suite je suis grave en retard sur mon programme de révision dont c'est pu possible de venir vous raconter ma désopilante vie de baby sitter désoeuvrée, ni d'enculer des mouches un verre de Pinot noir à la main).
Soon :
- Comment j'en suis venue à acheter un livre de De Villepin (sisi).
- Comment je me serai saoulée jusqu'à en oublier mon prénom grâce à ma copine Tequila et sa cousine Vodka, histoire de fêter cette fin d'année de OUF.
- Comment je ne supporte plus ma famille, et j'en viens presque à vouloir vivre seule dans une maison à la campagne. Je suis un ours.
- Comment les américains dépensent 10 milliards de dollars par an à préparer une cyberguerre. Muahaha. Ils ont le sens des priorités nos amis les geeks.
- Comment mon bébé préféré fait des trucs trop mignons même si elle chouine grave, et pour rien en plus.
Voilà, je tease méchamment je sais, saymal.
Pix <3
26 juin 2009
Right bird can fly so high...
Hier j’ai accompagné ma sœur pour qu’elle rencontre un chercheur en psycho (qui fait aussi du bénévolat et a bien aidé ma mère à un moment donné) de ma fac.
Dans la salle d’attente je me demandais ce qu’elle allait bien pouvoir lui dire (mais j’étais certainement dix fois moins inquiète qu’elle pour ça…).
Ca me fait mal à chaque fois de réaliser qu’elle a grandit, qu’elle a une vie qui lui est propre, une vie privée (ça fait psychopathe de dire ça hein ?), qu’elle ne me dit pas tout, voire rien du tout, enfin rien d’important. Ça me fait comme un creux dans le ventre de me dire qu’elle va peut être mal, et que je n’en sais strictement rien.
Surtout, qu’elle fait son bout de chemin comme nous tous, et qu’elle en prend deux trois dans la gueule à l’occasion. La bonne grosse claque du « admise à redoubler » sur cette feuille jaune hideuse. Peu importe qu’au final elle passe ou non, la blessure d’égo, la remise en question, elles sont bien réelles. Discussion houleuse avec les parents, des mots qui fusent. Elle envisage une thérapie, pourquoi pas. Et nous voilà dans ce couloir que j’arpente d’habitude sans y faire attention. Nous voilà devant la porte : est ce qu’on entre ? Est-ce qu’on frappe ?
A croire qu’on atterrit tous un jour ou l’autre devant un de ces bureaux en formica recouverts de paperasse. On s’assoit, et le spécialiste nous pose une question, puis une autre, et encore une autre.
- Qu’est ce qui vous amène ?
- Vous faites quoi dans la vie ?
- En dehors du travail ?
- Vous dormez bien ?
Et au fur et à mesure on sent un serrement dans la gorge, qui devient de plus en plus douloureux, on rougit, on se gratte, on bouge le pied frénétiquement sous la table, on regarde fixement par la fenêtre ou un bout de papier sur le bureau. On finit par craquer, la voix devient basse, inaudible, se brise. Les mots ne sortent plus, les larmes montent, brulent aux coins des yeux, coulent en silence. Gêné le silence, si possible. On attrape un mouchoir, si on est « sensible » on s’effondre pour de vrai et il est impossible de reprendre la séance où elle en était.
Il parait que ça peut arriver n’importe où, avec n’importe
quoi, pourvu que la personne en face pose soit là pour prendre soin de nous :
un kiné, un psy, un prof de sport… A croire qu’on vit dans le déni en
permanence. Et la solitude.
J’étais assise sur mon banc, en dehors de la salle. J’me disais : j’ai laissé mon bout de chou, j’ai laissé ma petite sœur affronter ça toute seule. Je l’ai laissé subir les questions, les regards francs, les larmes.
Elle est sortie une heure plus tard, j’avais du lire même pas 3 pages du livre que j’avais emmené pour pas finir toute seule à la BU. Elle m’a regardé, les yeux un peu bouffis, le psy nous a raccompagné à la sortie (cette fac est un labyrinthe). Il nous disait : vous retrouverez le chemin ? et moi tout ce à quoi je pensais c’est : est ce qu’elle va me raconter ? Débriefing en sortant de l’immeuble, je la harcèle un peu, elle lâche deux trois infos, elle a pleuré oui.
Dans la tram, elle me dit :
- Je ne ressens pas du tout le besoin d’aller voir
un psy.


