04 novembre 2009
What do we want ?
Il parait que tous les hommes sont misogynes, sauf les tapettes*. Venant de la part d'un gars qui fait des galipettes et prend la position de la tortue au dessus de grands bonshommes en peignoir sur un tatami, voilà qui me fait bien rire. Eric Zemmour n'a qu'à en prendre de la graine, le 1er Sexe est toujours dans la partie, il est même désormais dans l'hémicycle.
Quand je vois les quantités inimaginables de salive, les ressources intellectuelles et matérielles qui sont épuisées vainement dans la polémique stérile, une question se pose à moi. Cette question se fait de plus en plus cruelle, parce que désormais, on me laisse du temps pour réfléchir. C'est terrible cette idée des grandes écoles qui forment des jeunes gens à la pensée. Quand certains s'acharnent à mémoriser les règles complexes des institutions européennes ou de la macro-économie, je ne peux m'empêcher de poser la question du sens.
Pourquoi personne ne prend le temps de se poser 5 minutes, entre deux cafés-trois clopes, pour se demander ce qu'il veut.
Que voulons-nous ?
S'affrontent dans une lutte acharnée les die-hard écologistes et les sceptiques, ceux qui prônent le développement durable et les partisans de la décroissance, le laissez-faire ou le keynésianisme, mais personne n'a demandé aux gens ce qu'ils pouvaient bien vouloir pour eux, pour leur enfants.
Que voulons-nous ?
Si on me demande ma définition du bonheur, je crois qu'il se résume très simplement à la vie dans une jolie maison exposée plein sud dans une région verdoyante, avec un jardin, des enfants qui courent dedans, quelqu'un avec qui construire sa vie, mes parents à l'étage du dessus, mes amis dans le coin, et éventuellement une chèvre, un Saint marcellin et un verre de saint Joseph ne seraient pas de trop.
Une vraie image du calendrier de la Poste (celui pour lequel mon alcoolique de facteur vient me harceler chaque mois de Décembre, n'ayant toujours pas compris que quand je dis "revenez plus tard j'ai pas d'argent" je veux dire arrête de tambouriner à la porte j'ai mal au crâne et ce calendrier est encore plus moche que l'année dernière).
Ma copine Laure a une mère maladroite et légèrement hystérique par moment, ce qui donne lieu à des scènes mémorables dans lesquelles elle lui répète inlassablement d'aller voir un psy car elle est trop sérieuse.
La vérité c'est qu'à 17 ans, ce petit bout de femme, écrivaine talentueuse que vos gosses étudieront dans 20 ans tellement elle écrit bien, se pose la question du sens, comme une rengaine permanente. Elle se demande ce qu'elle veut, et comme tous le monde, la seule chose sure c'est qu'elle sait parfaitement ce qu'elle ne veut pas.
Moi je suis drôlement fière d'elle. Ma petite "dyslexique des couleurs" a pigé qu'on perdait sa vie à la gagner quand on ne prenait pas un minimum le temps de définir ses objectifs, quand on identifiait pas au moins un minimum ce qui nous rendait heureux.
Il faudrait déjà pour ça se dégager de l'influence du marketing, des médias, des gouvernants aussi, et ma foi c'est pas une mince affaire. Sinon, avec un chien, des seins en plastique, une maison d'architecte, 5 fruits et légumes par jour, un vibromasseur qui s'agitent en rythme sur notre Ipod, un Iphone, un netbook, un écran plat, et 10 kgs de cellulite en moins plus tard on serait tous parfaitement heureux en Occident.
Far from it, notre société vit sur ses anti-dépresseurs comme une moule sur son rocher.
Je n'ai pas de réponse toutes faites, et je vois bien les limites de ce que j'affirme. Je ne dis pas qu'il faut trouver une définition universelle au bonheur, bien au contraire. Je dis tout simplement que la réponse est dans la question.
Ma théorie, c'est qu'on est heureux, tant qu'on se pose des questions. Plutôt LA question : celle du sens de notre vie. De notre vie à tous, ensemble sur cette planète minuscule et souffrante. Sur les valeurs qu'on souhaite transmettre à nos enfants aussi.
Alors que Claude Lévi Strauss vient de nous quitter, lui qui tenait tant à la définition des valeurs universelles, ce serait bien qu'on réfléchisse un peu à ce qu'on veut, avant de se perdre dans des arguties sans fin sur les moyens à mettre en oeuvre pour l'obtenir.
"nous allons vers une civilisation à l'échelle mondiale. Où probablement apparaîtront des différences - il faut du moins l'espérer (...). Nous sommes dans un monde auquel je n'appartiens déjà plus. Celui que j'ai connu, celui que j'ai aimé, avait 1,5 milliard d'habitants. Le monde actuel compte 6 milliards d'humains. Ce n'est plus le mien"
Claude Lévi-Strauss.
Sur ce, je retourne dans ma bulle rose bonbon où tous les hommes sont frères et mangent du chocolat sans crainte [et sans calories] (j'ironise sur le caractère utopiste de cet article, il faut bien, sinon vous allez croire que je suis optimiste et pleine d'amour envers l'humanité, et c'est pas très à la mode. Vaut mieux se la jouer Dr House ces temps ci).
* Si David Douillet n'existait pas, il faudrait l'inventer. Cliik
03 novembre 2009
Bad Karma. Realllllllly fucking bad.
http://spot4.deviantart.com/art/My-tea-loves-me-48710490
Dans la vie desfois, il faut se prendre en main.
L'autre jour, je regardais Private Practice (le truc où des vieux font du sexe de vieux; comme ils disent dans Greek), et Charlotte (la blonde trop canon) hurlait à Violet dans les toilettes une phrase que je trouve anthologique :
- NON MAIS C'EST DEBILE (admire les majuscules du plus bel effet pour te rendre plus crédible les hurlements) SI QUELQUE CHOSE EST BON POUR TOI, TU LE FAIS ET PUIS C'EST TOUT SINON A QUOI TU SERS HEIN ?
Fantastique. Du bon sens à toute épreuve, une porte ouverte enfoncée qui m'a scié.
Non mais c'est vrai ça. Si quelque chose est bon pour toi, tu le fais et puis c'est tout. Sinon tu sers à rien dans la vie.
Et me voilà toute confortée dans les plans que j'échafaude depuis quelques jours dans le but de devenir une bombasse sessouelle.
A savoir lutter contre cette reminiscence adolescente très pénible chez moi : l'acné.
Ami lecteur, et peut être lectrice, la suite de cet article sera passablement hard core et difficilement soutenable à toute personne n'ayant pas connu les joies de la puberté (tu sors). Car si chez les personnes normalements constituées, le refrain se limite à "trois petits boutons à 17 ans et puis s'en vont" chez moi c'est plutôt l'histoire sans fin.
Pour corser la chose, je suis allergique à approximativement tous les médicaments de la terre en matière de dermatologie. Si vous me suivez depuis longtemps, vous savez que la T***** sa mère la tepu me refile des boutons bien pires (impossible de sortir on dirait un crapaud). Quant à la Roaccutane, qui a changé de nom histoire de faire genre "on a changé la formule maintenant on ne fait plus naitre des bébés sans oreilles", on n'en parle même pas j'ai failli finir sur une chaise roulante.
Résultat des courses, à 19 ans j'ai toujours l'air d'une Christelle Bazooka qui aurait oublié toute règle élémentaire d'hygiène.
Et voilà comment, j'ai atterri chez une herboriste phytothérapeute, sensée me soigner de ma gale perso na moua, avec des potions magiques (kouah, faut bien rendre ça poétique, c'est mieux que "tisane" ou "décoctions") et des huiles essentielles. En gros.
Bon la vous vous demandez pourquoi j'ai commencé cet article avec le morceau philosophique à deux balles de série US, mais moi je vais vous le dire de ce pas.
Ce qu'ils oublient de nous dire, nos amis les porteurs de sarouels indiens et amateurs d'encens au chenvre, c'est que CA PUE les "eaux florales" et que c'est INFECTE sa "décoction aux plantes".
Quand je me lave le visage j'ai l'impression d'avoir mis la tête dans un vase plein d'eau rance dans lequel aurait trainé une bouquet de roses pas fraiches pendant un mois.
Cherry on ze top of my smiley face, la tisane.
L'épreuve ultime. Que quand je la vois j'en tremble. Je rajoute désespérement du jus de citron dedans en espérant que ça va changer le goût. La dernière fois, ça a changé de couleur. Oui, comme dans une potion magique (hey hey), ça a viré du marron au jaune-urine-de-coureur-cycliste.
Donc, à chaque fois qu'il faut que je mette la tête dans mon pot pourri ou que j'avale le pipi de Richard Virenque, je me regarde bien dans la glace, je m'éclate un point noir,et je pense à Charlotte.
Jusque là ça marche.
Mais l'herboriste n'a pas dit son dernier mot. Car figure toi qu'elle a d'autres fourberies dans son sac-besace en poils de yak, la gredine.
Elle m'a interdit le sucre et les laitages au lait de vache.
Muahahaha.
JAMAIS. Le Danone à la cerise et le nutella sont mes seules consolations dans la vie alors j'ai envie de te dire fuck you bitch.
Mais je suis polie, alors je le dirai pas.
Et à la place, je vais aller me coucher, avec ma face de pot pourri et mon amertume.
Ps. de ce post déjà trop long : je suis balade à crever, pour couronner le tout. Vous savez ce que ma mère m'a propose pour me guérir.... UNE TISANE de thym bouilli amoureusement verdâtre. Bad Karma, reaaaaaally bad.


