29 septembre 2008
Brèves...
Brèves parce que rien de bien transcendent à dire. Je commence à bûcher pour la Fac et je crois que je comprend le sens de "travailler pour soi et autonome". En fait c'est quand tu te défonces à faire une dissert juridique sur un thème que t'as jamais vu et que le chargé de TD demande à deux trois personnes de lire leur plan sans plus. Et qu'il en a rien a secouer.
C'est donc ça...
Heureusement qu'il ressemble à Chase de Dr House, en mieux, et que dans toute sa blonde splendeur, il est rigolo. Non parce que en PLUS son cours là, le lundi de 8h à 9h30 c'est quand même MON SEUL COURS de la journée. Tu le vois le ouikend de trois jours qui prend ses jambes à son cou ? Il a été chassé des terres du mordor par un genre de Legolas portant des jeans diesel et une coupe métro.
Brrref, la mood est plus down que up.
Samedi, une gamine perdue, une de plus, à choisi de s'en aller. Je ne la connaissais pas, juste de vue, simplement son style ne m'étais pas indfférent et elle avait alimenté quelques discussions avec mes keupines quand on était encore au lycée. Ca me touche plus que je ne le voudrais, d'autant plus que toi, tu l'aimais. Et ça aussi, ça me fait mal.
Ce genre d'évènements pose toujours des questions insolubles. Qu'est ce qu'on peut faire ? Est ce qu'on peut empêcher ça ?
J'ai parfois rencontré des gens donc le seul destin semblait être une spirale tragique, des cramés de la vie. De ceux qui n'ont connu que le pire et dont la seule aspiration est de se bruler, encore et encore jusqu'à en mourir. J'en ai connu certains plus que d'autres. lls m'ont tous marqué d'une manière différente, à leur façon ils m'ont changé.
Comme celui, vu une seule fois entre deux trains. L'ami d'une amie, cinq ans à vivre à ce train là lui avait on dit. 5 ans et après tu crèves. Seize the day, toutes ces conneries. Le gars avait touché des indemnités importantes suite à des maltraitances. Émancipé, il claquait tout dans l'alcool et la drogue. Un whiskey, s'il vous plait. 16h30, c'était un peu tôt.
Comme celle qui se trouvait laide. Difforme. Ce nez, c'était son obsession. Elle voguait entre la clinique, la famille d'accueil, les parents qui ne voulaient pas d'elle, le lycée de temps en temps. Un TS de temps en temps.
Totalement écrasés, dépassés. On est impuissant face à une telle douleur. Ou une telle absence de douleur, parce que le pire demeure le vide. Le gros "void" en dedans, la perte du sens dilués dans les cachets.
Alors voilà, je ne sais pas si je comprendrais un jour. Je ne pense pas que je le doive, ni que j'en ai besoin. Toujours cette histoire d'hypersensibilité tout ça...
Je me dis aussi qu'il faut peut être que j'arrête de me remettre en question en permanence, de vouloir tout changer, tout remettre à zéro tout le temps. Ma vie est bien comme elle est, je suis bien comme je suis. Je ne renonce pas à l'amélioration, simplement je n'ai pas à tout remettre en question.
Cet article est tout décousu, je m'en excuse, c'est un peu confus dans ma tête et j'ai des tonnes de choses à faire qui relèvent de la consommation excessive de Chardonnay café, de dissertations juridiques, de lavage de cheveux avec un shampoing phyto qui les éclaircit genre "OHMYGOD t'as trop bonne mine on dirait Sienne Miller sous 'toshop tellement t'y es belle". Et de dodo aussi. Genre j'aimerai bien arriver à me lever dans la joie le matin, sans avoir à me laisser lentement tomber comme une merde larve sur le sol pour me réveiller.
Découvrez Miss Kittin!
Photo de l'incroyable zemotion
26 septembre 2008
Couper le cordon & nouer ses lacets.
Un jour, je devais avoir 8 ans et ma mère venait de me
punir. Un truc bête, rien de bien méchant. De toute façon étant petite je
détestais tellement l’injustice que je m’auto-balançais quand je faisais une
bêtise. Je réalise maintenant le coté masochiste tordu voire jusqu’au boutiste
de cette attitude. Bref, je m’insurgeais contre cette punition que je trouvais
probablement injuste d’ailleurs (la mauvaise foi ne m’épargnait pas, par contre)et
du haut de mes huit pommes, je lance à ma mère « Dolto serait pas d’accord, d’abord ! ».
Oui, à huit ans. Passé la seconde d’incrédulité teinté d’amusement de ma mère, je me suis vu rétorqué un magistral et désormais culte (au moins dans ma famille) : MAIS JE L’EMMERDE MOI DOLTO !!!!
Voilà, ça résume plutôt bien la philosophie de ma mère en matière d’éducation : je me contrebranlassionne (Word aime pas fe mot) des spécialistes, et je pousse les mémés psychanalystes bien profond dans les orties. Sans animosité hein. Elles ont rien a foutre dans mon jardin c’est tout.
Je suppose que c’est lié au fait qu’elle-même s’est éduqué pratiquement seule en lisant beaucoup, et qu’elle a donc un esprit critique aiguisé qui la pousse à se méfier de tout et paradoxalement à écouter très souvent son intuition. Qu’elle a plutôt juste je dois l’avouer.
Ouais bon, elle a tout le temps raison. On va pas en faire un cheesecake hein.
Dix huit ans que je guette la moment fatal ou elle va m’avertir d’un danger et ou elle aura tort. Dis huit ans que j’attends le jour ou il ne pleuvra pas et ou elle aura eu tort de me camoufler sous trois couches au moins de polaires, me faisant par là même ressembler à l’enfant bulle. DIX HUIT ANS et elle est infaillible. On dirait qu’elle est branchée sur internet dans sa tête et que les derniers bulletins météo arrive dans son cortex frontal direct.
Sauf que forcément, ça a crée chez moi un genre d’admiration béate envers elle, ce qui en soit n’est pas vraiment négatif. Le problème c’est que au sein de la famille, il règne un genre de non-dit, d’implicite qui veut qu’elle soit inattaquable, incontestable. Bon c’est pas non plus the Godmother hein, on ne se prive pas de lui signaler que sa voix atteint les 110 décibels beaucoup trop souvent et de manière inappropriée, ni que l’association d’un polaire orange fluo datant des tréfonds des années 90 avec un bas de jogging blanc et des chaussons gris, ça pique un peu les yeux.
Mais elle pousse la perfectitude jusqu’à me laisser faire plus ou moins ce que je veux. Je parle en matière de sorties, qui sont toujours comme vous pouvez le deviner d’aimables diners entre amis pendant lesquels nous devisons de l’avenir politique de l’Afrique et du renouveau du cinéma coréen (et non pas ces horribles beuveries pendant lesquelles les jeunes s’amusent et ont une vie sexuelle, nooon que nenni).
A une condition et une seule : la sécurité.
Or, sa définition de la sécurité, que je trouvais jusque là plutôt adéquate commence à me peser grave sur le trognon. J’dirais même que ça me saoule les ovaires, quelque chose de sévère.
Parce que aujourd’hui il est fort probable que je ne grandirai plus (en taille s’entend). Je ferais toujours 1m65, oui maman. Je voulais pas en venir là mais ça sera toujours 10cm de plus que toi.
Et je ne vais pas non plus devenir championne d’Aie aie aie ki Do ou de Jujitsu. Je vais pas acheter une bombe lacrymo king size. Il se pourrait même que j’emménage un jour dans un appartement. Seule ou en colocation (et non, la famille n’est pas une colocation).
Et quand ce temps sera viendu tu seras fort dépourvue, papa ne pourra décemment plus venir me chercher après chaque soirée, chaque cours qui s’éternise à la Fac, chaque réunion apolitique de gauche (cF Pensées de Ronde), chaque meeting des amatrices de tartopommescaramelbeurresalé anonymes, chaque pendaison de crémaillère ou anniversaire de bidule que c’est la copine de Micheline et OH tu sais pas qu’elle s’est tapé Jean-Robert au réveillon ?
Je crains fort d’avoir atteint un stade irréversible : je suis presque adulte. Seb à l’eau.
Alors Maman, voilà les ciseaux (ceux dans la cuisine que ma sœur pique tout le temps), s’il te plait, coupe le cordon. Je sais nouer mes lacets.
C’est pas pour autant que je vais parti en courant.
Découvrez Ben Harper!
20 septembre 2008
Mrs Black and white & Mister rock'n roll.
J'ai peur d'être amoureuse. Non, je n'ai pas peur d'être en train de tomber amoureuse. J'ai peur au sens littéral. Soyons précis, j'ai peur de retomber amoureuse.
La seule fois de toute ma vie ou j'ai été mince, j'ai été amoureuse, et manipulée, et malheureuse.
Un an et demi.
Teenage love, mon cul c'est du poulet sauce barbeq' ?
Je suis hyper sensible moa madaaaame, oversensibeul.
Deux explications (oui je suis structurée comme fille moi, je structure mes cours, mes réponses, mes cheveux, mes to do list...). Toi Neo et moi Morphéus, tu choisis ton m&ms : rouge ou bleu (j'ai toujours postulé que c'était des M&ms même si la thèse la plus courante est que ce sont des dragibus masqués en Ricola)*
- la version psychologique de mes deux : je suis "highskilled" comme on dit chez les britons, ce qui, comme chacun sait, crée une hypersensibilité démente (je suis Jésus in my mind, j'aime les gens, tous les gens, j'aime la fleur, le trottoir qui pue, l'odeur du pain chaud me fout les larmes aux yeux, je m'émeut devant les zenfants qui jouent telle la psychopathe terrée derrière les buissons etc. ...). Il faut que je tue le père pour en finir avec Oedipe sarace ou que je m'anesthésie le coeur.
- la version life is a bitch : j'suis une grosse trouillarde et pis f'est tout.
Quoiqu'il en soit, je suis traumatisée du bulbe par une "histoire" (si on peut appeler ça comme ça) d'il y a trois ans, qui aurait laissé toute autre personne totalement tranquille et qui moi, moi qui refoule tout bien profond, me taraude et m'empêche d'avancer.
Quand j'ai réalisé que je ne voulais pas être mince, tout en voulant l'être ( c'est là que ça se complique mes bichons, je vous en veux pas si vous sautez quelques lignes, rendez vous en bas va! ) et que mon tournage en rond était équivalent au carré de la superficie de mes fesses ramené au nombre de calories d'une cheesecake à la framboise mit cappuccino**, j'ai comme qui dirait légèrement viré de la carafe. Comment ça, MOI je bouffe pour compenser une banale peur affective àlakon ? Comment ça je me protège avec de la graisse ?
MOI j'ai peur de rien, madaaaaame.
A part souffrir. Comme tout le monde quoi.
Quand je pense que j'ai lu un nombre incomensurable de livres self-help avec des ricains qui font de la TCC et tout le tralala sur "Osez affronter la peur qui est terrée au fond de vous pour avancer dans votre vie qu'après sarace tu vis chez Barbabulle et ta vie c'est une glace Haägen Dasz Géante" et que je rigolais doucement en me disant que c'est bien, moi j'avais pas trop peur en vrai.
AH AH AH AHEM.
Alors bon, quand j'ai compris ça, il était genre minuit (l'heure du crime casse-croûte au Brie) et j'ai éxplosé de rire tout en pleurant (c'est moche, n'essayez pas ça chez vous les enfants), c'était cool on se serait cru dans l'Exorciste, sauf que moi je sais me retenir d'abord, je fais pas pipi sous moi. Sauf en de très rares occasions. Digressions digressions.
Vous vous dites "mais où donc qu'elle veut en venir la chtiote avec ses histoires de teenage love, de brie et de pipi ?
Bah depuis que je le sais, ça va beaucoup mieux.
Si si, jte jure.
C'est pas les télétubbies, j'suis toujours célibataire, j'ai pas perdu 20 kg en trois jours genre "Relooking de l'extrême qu'on va te refaire la chetron à la ponceuse". Mais je mange normalement, à peu près sereinement. Je prends le temps de m'occuper un peu de maggle, je m'organise pour pas trop être débordée par tout ce que j'ai envie de faire et pour pas angoisser.
Les choses ont repris un cours normal.
Si tant est qu'il y ait un semblant de truc normal en dedans de moi ce dont je doute fortement et dont je suis plutôt fière.
Allez les lapinous, je voulais juste vous faire don de mes révélations mystiques nocturnes, maintenant je vais faire genre je suis responsable et ranger ma chambre.
Toute cette joie qui m'envahit, c'est fou.
* si tu comprends pas cette référence, c'est que t'as pas vu Matrix. J'hésite entre l'apitoiement et l'admiration, je sais pas. Que dire ? Et si tu t'es jamais posé la question de savoir c'est QUOI ces putains de bonbecs, bah Bravo, tu as une relation saine avec la nourriture toi.
** le starbuck, c'est le MAL.
Découvrez Santogold!
15 septembre 2008
<< Right birds can fly so high, and they can shit on your head, they can almost fly into your eye and make you feel so scared
... but when you look at them, and you see that they're beautiful. That's how I feel about you. >>
J'aimerais être dans une humeur romantique et trop mignonne, vivre dans une bulle rose d'amour et de paix. Être aussi souriante en dehors qu'en dedans. Mais en vraie une sale conne de dermato m'a refilé un medoc auquel j'étais allergique (alors que je l'avais prévenu). Alors certes j'ai gonflé, j'ai eu le nez et la bouche entourés de pustules indescriptibles (pas courant comme réaction il parait, je suis ravie d'être une exception) mais aujourd'hui on dirait que j'ai la gueule cramée au chalumeau. Alors bon, je relativise l'acné qui m'avait amené chez ladite dermato et j'écoute Kate Nash.
Je ne sais pas si le monde peut comprendre qui je suis. Je ne sais pas si j'y arriverai un jour moi même. En tout cas pas à l'expliquer clairement. Parce que je ne suis pas une et indivisible et que j'ai renoncé à cette illusion depuis longtemps. Je vais essayer d'être en accord avec toutes ces filles qui se battent en moi, leur faire signer un traité de paix qui sera comme toujours un peu dictatoriale, un compromis quoi. Je vais me prendre par la main et les laisser s'exprimer chacune leur tour.
Je veux que le monde me voit, même s'il ne me comprend pas. Je veux que tu saches qui je suis.
On reste toujours des enfants. En nous toujours, la petite fille du premier jour de la rentrée. Et maintenant que je l'ai un peu mieux comprise, j'aime cette enfant solitaire. J'aime cette enfant qui même au milieu de tous se sentait parfois incomprise.
J'aime celle qui a tour à tour étonné, plu et fait craindre le pire à ses profs. J'aime celle qui allait à l'école parce qu'elle croyait qu'ils l'attendaient et que c'était la seule raison valable d'y aller.
Que quelqu'un m'attende quelque part.
Découvrez Kate Nash!
03 septembre 2008
If there's lesson to be learned, i'd rather get my jamming in first.
Il parait qu'on écrit pas sur ce qui va bien.
Je n'écrirai donc pas sur les amis qui se sont manifestés hier, tous en même temps.
Je n'écrirai pas sur comment on envoie un max de goodvibes quand on est bien. Enfin.
Je n'écrirai pas sur toutes les fêtes qui m'attendent, ni sur la joie que me ça me procure.
Je vais écrire que tu me manques, toi qui vit à 10 000 bornes de chez moi.
Je vais écrire que je ne comprends toujours pas certaines parents. Malgré ma philosophie laxiste "chacun fait comme il peux", la plupart du temps je trouve que les parents sont responsables de la merde dans laquelle leur enfants se sont foutus consciemment ou pas. Et qu'ils entretiennent tout ça en jetant de l'huile sur le feu, pour des raisons qui m'échappent totalement.
Je n'en apprécie que plus mes parents. Qui sont un peu les parents de tout le quartier en fait.
Je les aime pour ceux qu'ils sont, en tant que personne à part entière. Pour ce qu'ils m'ont offert.
Une enfance loin de tout, un coin de ma mémoire où me réfugier si ça ne va pas Un voyage dans le temps, direction la bibliothèque municipale d'un minuscule village perdu dans une montagne. Des heures dans la neige, des combinaisons de ski aux couleurs criardes et improbables. Un arbre avec une branche tellement basse qu'on pouvait s'asseoir dessus.
L'invincible été dont parlait Camus, même au plus fort de l'hiver.
Ton invincible été c'est nous quatre sur les quais en face du parc, en pleine nuit, et Lui qui crache dans un geste théâtral dont il a le secret et la spontanéité. C'est vous trois faisant une nuit blanche pendant que je m'écroule, les seins en freestyle sur mon lit. C'est des histoires de fougères, des blessures de guerre dans des endroits insolites et pas très très pratiques. C'est un peu de larmes et beaucoup de rire et de tendresse.
Tu l'as crée autant que nous, et merci pour ça.
Cueille ta vie. *
01 septembre 2008
Days go past, it's autumn already.
Ce matin c'était ma pré-rentrée en Droit. J'avoue que j'y suis allée à reculons, genre " NOOOOOOOooooon je veux pas y alleeeerr, pourquoi je peux pas devenir une artiste maudite et malpropre, vivant en culotte dans les tréfonds d'une vieille bicoque dans le Lazac, se nourrissant exclusivement de riz au lait et de raclette avec du St Joseph, hein pourkoaaaaaaaaaaaaaaaaa".
Légèrement réticente.
C'est pas que la perspective d'étudier "L'histoire du droit constitutionnel" ( WTF ? ) ne m'emplisse de joie et ne me ravisse jusqu'entre les orteils, mais en vrai, j'étais pas très sure de mes choix.
Et c'est pas que la Fac c'est genre un truc immense avec pleins de portes et de truc chelou, que même avec mon sens de l'orientation défaillant et ma représentation toute personnelle de l'espace, eh ben, j'suis dans la merde. Voui, j'ai encore peur de me perdre.
Si des collégiens, ou des lycéens lisent ceci, je me dois de les avertir :
- en vrai, même à 18 ans on a toujours peur de se perdre quand on va dans un nouvel endroit. Toujours.
- en vrai, rien ne change. Il y a toujours ceux qui prennent des notes et ceux qui les demandent à la bonne poire de service, Marie-Murielle* ( premier rang, 18 ans de bons et loyaux services, derrière ses doubles foyer, se cache une vraie bête en prise de note, elle vous laissera pas tomber )
- en vrai, les adultes, ça n'existe pas. Non, non.
- en vrai, je dois acheter un code civil, et rien qu'a l'envisager je roupille sur place.
J'attends la pré rentrée de Sciences Politique avec impatience, MIAM.
A part ça, j'ai commencé un livre sur les enfants surdoués, parce que il paraît " que ça peut m'aider à me comprendre, à accepter l'adulte que je deviens " (oui bon, il paraît que j'étais un peu précoce, n'en faisons pas un cheesecake ).
Et heu genre j'ai envie de chialer toutes les trois secondes parce que chaque page est une torture lente et douloureuse , une longue énumération de ce qui a été mon enfance et mon adolescence.
Une gamine larguée qui, je vous le jure, n'avait conscience que de peu de choses en commun avec les autres. Disons que je vivais un peu dans un monde parallèle, dans lequel faire de la musique c'était gratter les cordes et tenir l'archet, pas une "classe" ni une "élève" ni un "conservatoire".
Un monde dans lequel l'agitation est permanente, l'imagination ne laissant aucun repos, le cerveau en ébullition h/24.**
Alors bon, peut être qu'il faut accepter ça. Se dire, sans prétention aucune (c'est pas le genre de la maison) que c'est un fait, qu'on est différent. Et tourner ça à son avantage.
Parce que non, ça n'est pas toujours un avantage, croyez moi.
Peut être qu'il faut se dire : oui je vais tout déchirer cette année à la fac et j'en ai envie. Oui je me suis sentie hyper à l'aise, assise sur les marches en bois de l'amphithéâtre bondé. Oui j'ai aimé l'ambiance film-cliché des couloirs de Lyon2. Oui j'ai hâte de foutre les pieds à la bibliothèque et de renifler les vieux bouquins comme une droguée un peu folle***
Voilà, fin de l'article tout décousu et de la diatribe "bouhou je suis une femme forte et intelligente, conséquence : personne ne m'aime, bouhou".
Il m'arrive aussi d'être paix et amour avec moi même, en total harmonie. Desfois c'est Jésus in my mind. Quand j'ai bu ou après avoir regardé les Chansons d'amour, oui, mais pas seulement.
Le reste du temps, c'est Guerre et Paix, ou Dallas ( les deux comparaisons marchent, je mélange la littérature russe et la crème de la télé kitsch transatlantique pro-b[r]ush si je veux )
Sur ce, je m'en vais regarder Greek, la série qui grâce à un acteur bien choisit m'a rendu accro. Miam.
*Oui, j'enlève mon masque, Marie Murielle c'est moi. Cette année je fais la crevarde. MY NOTES ARE MINE MOUAHAHAHA.
**Desfois je me dis que je vais finir vieille et tarée, sur un fauteuil à bascule, complètement perchée, perdue dans un recoin de ma propre tête, piegée par une question métaphysique qui m'aura rendue muette. Comme un locked-in syndrome en version psychiatrique.
*** ceci est une variante du ** ci dessus.
La photo magnifique vient de cette galerie. Sublime !
