19 janvier 2009
Girl, go and save your soul. Without me you got it all, so hold on...
La crise familiale visiblement est passée, on a survécu à tous ça, même si ça fait mal encore un peu, de temps en temps. Même si y'a des sous entendus qui ne trompent pas, des regards lourds et traînants, des paupières qui se baissent un peu trop vite. Le combat a repris, la vie continue et on ferme les yeux très fort en priant pour que ça aille mieux, un jour. J'ai abandonné l'idée que tout redevienne comme avant lui.
J'ai aussi compris autre chose : ma vie sans art ne vaut plus rien. Ca fait six mois que je trime, que je me concentre uniquement sur la fac (on avouera que le Droit et la Science Po c'est pas folichon ni artistique) et ça fait même un an et demi que j'ai pas ouvert un bouquin juste pour le plaisir, un truc inutile, un truc absolument indispensable : la littérature. Je crois qu'en terminale, ce qui m'a sauvé du suicide spirituel c'est la philo, et la Guépard de Lampedusa.
La cassure s'est faite je sais plus très bien quand. Je me rappelle plus quand j'ai arrêté de lire, quand j'ai rennoncé à être styliste, ou artiste, ou écrivain. Je me rappelle plus très bien quand j'ai arreté de déssiner, arrêter de tripatouiller de la terre glaise, de la fimo, de la pâte à modeler pour en tirer des visages douleureux. Je sais plus très bien quand est ce que l'art est mort dans ma vie, mais c'était y'a longtemps. C'était en troisième, ou en début de seconde. Une longue déchéance et je crois qu'on appelle ça une dépression. Sur mon carnet de santé, c'est marqué "asthénie", c'est plus abscon, plus joli. Pour moi une dépression c'est un phénomène météorologique.
La dépression c'est la mort de l'art dans la tête et le coeur des gens. C'est quand tu ne vois plus la poésie, quand tu ne ressens plus la musique, ou trop fort, trop vide.
Et puis parfois on fait un effort, on lit des trucs qui vous font vous sentir vivante. Les grands anxiolytiques du XXI° siècle c'est Amélie Nothomb et Marc Lévy. Même quand ils font de la daube, ils nous guérissent quelque part. Ils nous remplissent un peu, parce qu'on a pas la force de prendre plus ni plus compliqué.
A un moment, comme tout le monde on lit le Petit prince et on se prend un claque dans la gueule. Ca allume comme une bougie de Lao Tseu*, comme un macaron à la pistache (bah quoi, pour moi le macaron à la pistache c'est le summum de la chaleur en dedans), comme une tit flammèche et on s'y accroche désèspéremment en se disant qu'on est BACK baby.
Entre temps, on a pas oublié de voir beaucoup de films. Si Marc Lévy est mon prozac, Kusturica est mon psychiatre. Le cinéma c'est un uppercut dans ta face à chaque fois. Y'a eu Chrigu, ce film sur Arte un soir de chouinage toute seule devant la télé. Un grand ado suisse, qui se filme H/24 et apprend qu'il a un cancer. Et continue de filmer, jusqu'au clap final.
Desfois l'Art ça fait trop mal, ça va trop loin, ça remue trop de chose. On se dit qu'on s'arrêtera jamais de pleurer, on atteint un état de grâce où l'on se sent omniscient, on comprend tout, on est une part du monde, on est le monde. Dans la souffrance cathartique on a trouvé une clé et on croit qu'on a ouvert les portes du paradis.
La chute est violente. L'état de grâce se referme, reste les larmes et leur sel sur la plaie. L'Art c'est un peu comme l'héroïne. Mais je crois pas qu'on en meurt.
En fait je crois que c'est comme ça qu'on vit. Vraiment.
* "Mieux vaut allumer une chandelle que de maudire les ténèbres" Lao Tseu.
Chanson extraite de la BO de Twilight, chantée par l'acteur lui même Robert Pattinson. Désolée pour la vidéo fan made, mais impossible de la trouver sur Deezer :/
08 janvier 2009
That's the beautiful thing about being human - Things change.
Je cite Edward Cullen si je veux, et je lis des livres de gamines pré pubères à base de vampires trop magnifiquement beaux qui se terrent dans les tréfonds des USA, livre par ailleurs excessivement mal traduit et usant à tort et à travers des mots "marmoréen" et "nonobstant" SI JE VEUX.
Et j'irai voir le film tiré dudit livre avec le magnifique acteur ci contre SI JE VEUX. Farpaitement.
Bref, Twilight est un de mes plaisirs coupables en ces temps de partiels, abusivement mal préparés par des profs incapables de faire marcher un foutu projecteur (j'ai ainsi eu la joie de plancher une heure EN BRITON sur la "skunk cannabis" et le "high potency pot" avant que mon prof visiblement lui même consommateur nous annonce que nous devrions repasser le partiel un autre jour parce qu'il n'avait pas le son sur sa foutue vidéo youtube - interview d'une Mamie qui cooks des space brownies, trop forte la mémé).
Ah et aussi je vis une semi colocation avec LOr qui décidément doit s'ennuyer ferme pendant que je ne lève pas le nez de mon code civil. Pourquoi j'ai pas fait Lettres hein ? Pourquoi ? La pauvre bichette a par ailleurs été confronté au manque évident de chocolat dans cette maison, que dis je UNE PENURIE, qui l'a conduite dans ses derniers retranchements, jusqu'à ce que ma mère revienne des courses avec menu raclette et 12, oui vous avez bien lu et non je n'exagère pas 12 PLAQUETTES DE CHOCOLAT et du MILKA éclat de riz soufflé STEUPLE HAN HAN*.
J'étais ravie de cette soudaine profusion calorique avant qu'elle ne se mette à me faire une remontrance magistrale sur mon IMC, qu'elle a calculé dans mon dos comme une fourbe (j'avoue qu'il frise des sommets jamais atteint dans ma courte et potelée existence). J'ai moyen apprécié les diverses menaces de maladies cardiaque diverses et variées dont elle m'a abreuvé, comme si c'était ma faute. Même si ça l'est probablement.
Je suis vraiment au bout du zob comme le dirait (vulgairement soit, vous me passerez le mot je vous passe bien l'actionµ**) mon ami Sushi. Je voudrais bien fondre en larmes de temps en temps mais je crois bien qu'il va falloir que j'attende le Vendredi 16 à 11H30 pour cela, je visualise ça dans le tram, où sur les quais en face de la fac, assise dans la neige avec le bout des doigts MARMOREENS et le nez bah euh rouge poivrote (pas d'adjectif potable pour ça) et la morve qui gèle aussitôt out of my noise. Ca serait rigolu hein ? Et aussi après j'irai faire les soldes comme une folledingue, j'achèterai des choses outrageusement chères, j'irai me réfugier au starbucks avec ma coupine, et après on ira se gaver de macarons et ca nous fera un repas, et après même qu'on irait se cuiter comme mon tonton (je sais que ça ne vous évoque pas grand chose, il faudra que je vous reparle de mon oncle Olivétom-Tomolivier un jour, ça vaut son pesant de cacahuète-pastis) dans un pub affreusement sale et mal fréquenté, plein de garçons pas fréquentables et de filles trop fréquentées.
Et même que je serai EN VACANCES !
En attendant, je vais sauver les ruines de ma scolarité qui fut un temps brillante et qui se barre en eau de boudin sévère tellement j'en ai pu rien à foutre.
Tchao !
* Ouai Ouai han han wesheuh la marmotte elle met le choc'choc'choco dans l'papier U-la ctepute" Wesheuh.
** Diderot is my lover

