29 mai 2009
Baby sitting Part 2 : les enfants Pampers.
Oui mes amis. J'ai découvert la famille Pampers un soir ou je ne m'y attendais pas du tout. Faut dire qu'après mes aventures caca-esques, j'étais comme qui dirait une chatte échaudée (hinhin). Me voici donc méfiante à l'entrée de ceux qui habitent d'ailleurs juste à coté de chez moi (c'est pas plus mal comme ça je pourrais rentrer vite vite après), l'oeil alerte, je suis on ze flex, prête à parer jet de couche et de danette tel le maître Jedi de la garde de mioches.
Sauf que.
Sauf quuuueeeeee. Les parents sont adorables, gentils, prévenant, ils aiment les tisanes, mangent tout bio, ont une jolie maison style neo-ethnique, et surtout, un petit garçon tellement mignon qu'il pourrait poser dans une pub pampers. En plus le petit DORT DEJA et ne se reveillera pas une seconde pendant toute la soirée. Me voici à regarder la télé sur l'ordi, à facebooker comme une fouine sans retenue. Je suis pour cela plutôt bien payée, tutte va bene.
C'est donc avec enthousiasme que j'y retourne une ou deux semaines plus tard.
Sauf que.
Sauf queeeeeeeee. Entre temps la gentille moman a arrêté d'allaiter. Enfin entre temps c'est à dire : la veille. Et elle a repris le boulot dans la foulée. Me voici donc avec le charmant bambin pampers, et sa petite soeur de 6 mois, esseulée, déprimée, angoissée. Me voici donc déprimée, esseulée, et angoissée. La petite pleure à peine sa mère la pose dans mes bras, se crispe, se cambre, la grosse crise. Mais attention, double esquive, sa mère part la coucher et hop hop l'affaire et reglée, que j'attrape mon pouce et que je pionce comme un charmant bébé bien élevé.
C'est donc avec presque de l'enthousiasme et une légère appréhension que j'y retourne la fois suivante.
Sauf que.
Sauf queeeeee là, je m'apprête à vivre la soirée la plus longue et la plus éprouvante de toute ma vie. Rien que ça. En effet, la mozer me laisse vite fait avec l'engin à chouiner dans les bras, sans lui avoir donné son Bib, me disant que je vais faire connaissance avec elle comme ça. Vu les quantité astronomiques de lait qu'elle m'a recraché dessus, et les décibels qu'ont atteint ses cris en 10 secondes, j'en ai déduit qu'elle me connaissait très bien en fait. Et qu'elle m'avait vite associé à : grosse madame avec des lunettes = maman se casse et m'abandonnnnnnnnne. Conclusion, j'ai passé une heure et demie. Oui, vous avez bien entendu mesdames et messieurs, UNE HEURE ET DEMIE, avec une petit chose très bruyante (euphémisme) et très mouillée de larmes, qui par ailleurs faisait ses dents (ahah la bonne blague, un suppo de doliprane et qu'on en parle plus) dans mes bras, debout, assise, dans un rocking chair, en mode balancage, en mode immobile, en mode chantonnage de chanson de Damien Rice, en mode "touvabien joli bébé...".
Sauf que non TOUT NE VA PAS BIEN jolié bébé de mes deux. J'ai un début de migraine comme si j'avais avalé trois mojitos à la paille (et là j'ai envisagé de lui dire : fais nétour, je vais prendre un suppo aussi...) et en plus tu viens de reveiller ton petit frère là tu vois. Chouette. Chouette chouette chouette.
Sauf que.
Sauf queeeeeeee. Miracle. Cet enfant divin de la couche, ce bambin de 2 ans aux boucles blondes et au regard rieur prend son doudou qui fait la musique (cette éternelle chanson qu'on aime tous et qui j'en suis sure nous ferait tous tomber direct en sommeil profond), tire sur la ficelle de ses petits doigts potelés de chérubin, et instantanément sa petite soeur ferme son gosier, regarde son grand frère avec des yeux immenses et humide, et là, mon mini prix Nobel de la paix à moi dit :
- Faupapleuwé Juliette, Maman é va reuvnir !
Oh mon dieu. Je fonds. Ca s'achète où ces merveilleux bouts de tendresse et d'attention, vierges de toute méchanceté et fourberie ? Ah ça s'achète pas. On les fait comment ? En faisant l'amour en plus ?
Mon dieu, mais la vie est belle ! Oui mes amis, j'ai repris foi en l'humain ce soir là.
Quand je vous dit que tout ça m'a transformé à tout jamais. J'ai senti son petit corps de bébé chouineur dans mes bras pendant des jours, comme si elle était toujours là. C'était peut être lié au fait que j'entendais encore ses cris dans ma tête et que j'ai eu la migraine pendant une semaine ceci dit.
Alors si vous avez la haine, si vous voulez changer le monde, si vous vous dites que travailler chez soi quand on est malade c'est juste de l'esclavagisme moderne, l'homme au service de la machine, terminator dans ta maison. Dis toi que Nicolas Sarkozy a été un bébé aussi, en son temps. Et J. Lefèvbre aussi, a été un bébé.
Peut être qu'ils avaient pas de grand frère.
Ps : en vrai, le Prix Nobel de la paix qu'est Aung Saan Suu Kyi vient d'être re condamnée par la junte birmane pour avoir soit disant herbergé illégalement un étranger chez elle (un américain qui aurait traversé un lac à la nage pour la soigner). Comble de l'horreur et de l'ironie. Les militaires de la junte birmane ont été des bébés aussi, les militaires de la junte birmane ont été des bébés aussi, les militaires de la junte birmane...
PPs : pour lire un billet sur le baby sitting mais de l'autre coté du pré : cliiiik
re Pps : je soupconne Michel d'être un gros cochon n'ayant pas reglé un certain complexe d'Oedipe... Sinon, il cherche une baby sitter !
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