26 juin 2009
Right bird can fly so high...
Hier j’ai accompagné ma sœur pour qu’elle rencontre un chercheur en psycho (qui fait aussi du bénévolat et a bien aidé ma mère à un moment donné) de ma fac.
Dans la salle d’attente je me demandais ce qu’elle allait bien pouvoir lui dire (mais j’étais certainement dix fois moins inquiète qu’elle pour ça…).
Ca me fait mal à chaque fois de réaliser qu’elle a grandit, qu’elle a une vie qui lui est propre, une vie privée (ça fait psychopathe de dire ça hein ?), qu’elle ne me dit pas tout, voire rien du tout, enfin rien d’important. Ça me fait comme un creux dans le ventre de me dire qu’elle va peut être mal, et que je n’en sais strictement rien.
Surtout, qu’elle fait son bout de chemin comme nous tous, et qu’elle en prend deux trois dans la gueule à l’occasion. La bonne grosse claque du « admise à redoubler » sur cette feuille jaune hideuse. Peu importe qu’au final elle passe ou non, la blessure d’égo, la remise en question, elles sont bien réelles. Discussion houleuse avec les parents, des mots qui fusent. Elle envisage une thérapie, pourquoi pas. Et nous voilà dans ce couloir que j’arpente d’habitude sans y faire attention. Nous voilà devant la porte : est ce qu’on entre ? Est-ce qu’on frappe ?
A croire qu’on atterrit tous un jour ou l’autre devant un de ces bureaux en formica recouverts de paperasse. On s’assoit, et le spécialiste nous pose une question, puis une autre, et encore une autre.
- Qu’est ce qui vous amène ?
- Vous faites quoi dans la vie ?
- En dehors du travail ?
- Vous dormez bien ?
Et au fur et à mesure on sent un serrement dans la gorge, qui devient de plus en plus douloureux, on rougit, on se gratte, on bouge le pied frénétiquement sous la table, on regarde fixement par la fenêtre ou un bout de papier sur le bureau. On finit par craquer, la voix devient basse, inaudible, se brise. Les mots ne sortent plus, les larmes montent, brulent aux coins des yeux, coulent en silence. Gêné le silence, si possible. On attrape un mouchoir, si on est « sensible » on s’effondre pour de vrai et il est impossible de reprendre la séance où elle en était.
Il parait que ça peut arriver n’importe où, avec n’importe
quoi, pourvu que la personne en face pose soit là pour prendre soin de nous :
un kiné, un psy, un prof de sport… A croire qu’on vit dans le déni en
permanence. Et la solitude.
J’étais assise sur mon banc, en dehors de la salle. J’me disais : j’ai laissé mon bout de chou, j’ai laissé ma petite sœur affronter ça toute seule. Je l’ai laissé subir les questions, les regards francs, les larmes.
Elle est sortie une heure plus tard, j’avais du lire même pas 3 pages du livre que j’avais emmené pour pas finir toute seule à la BU. Elle m’a regardé, les yeux un peu bouffis, le psy nous a raccompagné à la sortie (cette fac est un labyrinthe). Il nous disait : vous retrouverez le chemin ? et moi tout ce à quoi je pensais c’est : est ce qu’elle va me raconter ? Débriefing en sortant de l’immeuble, je la harcèle un peu, elle lâche deux trois infos, elle a pleuré oui.
Dans la tram, elle me dit :
- Je ne ressens pas du tout le besoin d’aller voir
un psy.
Commentaires
3615 Ma vie sur ton blog ? : /
Même pas un truc drôle a dire..
Ca m'a toujours mis mal a l'aise les relations...fraternelle.Les choses de la vie on fait que mon pti frere et moi nous sommes replié chacun dans notre coin quand ma famille est partit en sucette,et j'ai bien peur d'avoir laissé ma encore plus jeune soeur géré ça toute seule alors qu'elle en avait surement pas l'age.(s'il en existe un)
Quand je voie ce genre de truc je me dis que j'ai pas du être un trés bon grand frere.M'enfin trop tard pour revenir en arriere. et ça aurait pu etre pire assurement :)
Meme si faut accepter de voir grandir et prendre de l'indépendance..
C'est bien ce que tu fais.
C'était pas une journée très drôle...
Ouais, ce blog c'est moitié ma laife moitié, drôle. C'est comme la vie, tu sais, c'est pas toujours drôle...
On fait comme on peut la plupart du temps, il faut bien accepter que même dans une famille, les gens sont plus ou moins indépendants et seuls.
Demain le retour des bébés pampers, le pourquoi du comment jme fais anarquer avec le sourire et comment j'en suis venue à acheter le livre de De Villepin ?
: x
non non mais te méprend pas,quand je dis "Même pas un truc drôle a dire..",je parle pour moi ! Je critique pas du tout ton article qu'est faut l'dire assez touchant ,désolé si j'ai pas été clair !
Aller courage
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