Inépties narrées d'une nana barrée ...

Si j'avais des *testicules*, 30 ans et un job de webdesigner, je dirais tout ce que je pense dans un blog hyper hype. Mais j'ai 19 ans et je suis étudiante. Alors j'écris rien que des inépties. Bienvenue chez Manou.

04 novembre 2009

What do we want ?

where_is_the_love

Il parait que tous les hommes sont misogynes, sauf les tapettes*. Venant de la part d'un gars qui fait des galipettes et prend la position de la tortue au dessus de grands bonshommes en peignoir sur un tatami, voilà qui me fait bien rire. Eric Zemmour n'a qu'à en prendre de la graine, le 1er Sexe est toujours dans la partie, il est même désormais dans l'hémicycle. 

Quand je vois les quantités inimaginables de salive, les ressources intellectuelles et matérielles qui sont épuisées vainement dans la polémique stérile, une question se pose à moi. Cette question se fait de plus en plus cruelle, parce que désormais, on me laisse du temps pour réfléchir. C'est terrible cette idée des grandes écoles qui forment des jeunes gens à la pensée. Quand certains s'acharnent à mémoriser les règles complexes des institutions européennes ou de la macro-économie, je ne peux m'empêcher de poser la question du sens. 

Pourquoi personne ne prend le temps de se poser 5 minutes, entre deux cafés-trois clopes, pour se demander ce qu'il veut. 

Que voulons-nous ? 

S'affrontent dans une lutte acharnée les die-hard écologistes et les sceptiques, ceux qui prônent le développement durable et les partisans de la décroissance, le laissez-faire ou le keynésianisme, mais personne n'a demandé aux gens ce qu'ils pouvaient bien vouloir pour eux, pour leur enfants. 

Que voulons-nous ? 

Si on me demande ma définition du bonheur, je crois qu'il se résume très simplement à la vie dans une jolie maison exposée plein sud dans une région verdoyante, avec un jardin, des enfants qui courent dedans, quelqu'un avec qui construire sa vie, mes parents à l'étage du dessus, mes amis dans le coin, et éventuellement une chèvre, un Saint marcellin et un verre de saint Joseph ne seraient pas de trop. 

Une vraie image du calendrier de la Poste (celui pour lequel mon alcoolique de facteur vient me harceler chaque mois de Décembre, n'ayant toujours pas compris que quand je dis "revenez plus tard j'ai pas d'argent" je veux dire arrête de tambouriner à la porte j'ai mal au crâne et ce calendrier est encore plus moche que l'année dernière). 

Ma copine Laure a une mère maladroite et légèrement hystérique par moment, ce qui donne lieu à des scènes mémorables dans lesquelles elle lui répète inlassablement d'aller voir un psy car elle est trop sérieuse. 

La vérité c'est qu'à 17 ans, ce petit bout de femme, écrivaine talentueuse que vos gosses étudieront dans 20 ans tellement elle écrit bien, se pose la question du sens, comme une rengaine permanente. Elle se demande ce qu'elle veut, et comme tous le monde, la seule chose sure c'est qu'elle sait parfaitement ce qu'elle ne veut pas. 

Moi je suis drôlement fière d'elle. Ma petite "dyslexique des couleurs" a pigé qu'on perdait sa vie à la gagner quand on ne prenait pas un minimum le temps de définir ses objectifs, quand on identifiait pas au moins un minimum ce qui nous rendait heureux. 

Il faudrait déjà pour ça se dégager de l'influence du marketing, des médias, des gouvernants aussi, et ma foi c'est pas une mince affaire. Sinon, avec un chien, des seins en plastique, une maison d'architecte, 5 fruits et légumes par jour, un vibromasseur qui s'agitent en rythme sur notre Ipod, un Iphone, un netbook, un écran plat, et 10 kgs de cellulite en moins plus tard on serait tous parfaitement heureux en Occident. 

Far from it, notre société vit sur ses anti-dépresseurs comme une moule sur son rocher. 

Je n'ai pas de réponse toutes faites, et je vois bien les limites de ce que j'affirme. Je ne dis pas qu'il faut trouver une définition universelle au bonheur, bien au contraire. Je dis tout simplement que la réponse est dans la question. 

Ma théorie, c'est qu'on est heureux, tant qu'on se pose des questions. Plutôt LA question : celle du sens de notre vie. De notre vie à tous, ensemble sur cette planète minuscule et souffrante. Sur les valeurs qu'on souhaite transmettre à nos enfants aussi. 

Alors que Claude Lévi Strauss vient de nous quitter, lui qui tenait tant à la définition des valeurs universelles, ce serait bien qu'on réfléchisse un peu à ce qu'on veut, avant de se perdre dans des arguties sans fin sur les moyens à mettre en oeuvre pour l'obtenir. 

 

 "nous allons vers une civilisation à l'échelle mondiale. Où probablement apparaîtront des différences - il faut du moins l'espérer (...). Nous sommes dans un monde auquel je n'appartiens déjà plus. Celui que j'ai connu, celui que j'ai aimé, avait 1,5 milliard d'habitants. Le monde actuel compte 6 milliards d'humains. Ce n'est plus le mien"
Claude Lévi-Strauss.

 

Sur ce, je retourne dans ma bulle rose bonbon où tous les hommes sont frères et mangent du chocolat sans crainte [et sans calories] (j'ironise sur le caractère utopiste de cet article, il faut bien, sinon vous allez croire que je suis optimiste et pleine d'amour envers l'humanité, et c'est pas très à la mode. Vaut mieux se la jouer Dr House ces temps ci). 

* Si David Douillet n'existait pas, il faudrait l'inventer. Cliik

Posté par man0u_man0u à 22:55 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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